Traumatisme crânien et risque de comportement criminel

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Une étude publiée en ligne le 26 avril 2019 dans la revue Justice Quaterly révèle que les traumatismes crâniens chez les jeunes peuvent augmenter le risque comportement criminel

Le traumatisme crânien, handicap invisible, est à l’origine parfois de changements de comportement voire parfois de changement de personnalité complète des individus. Des chercheurs se sont intéressés au lien entre un traumatisme crânien et l’augmentation de la criminalité à l’université de Nebraska à Omaha (États-Unis).

L’étude « Pathways to Desistance » effectuée sur 1336 personnes pendant 84 mois (7 ans) a examiné l’impact des traumatismes crâniens sur la persistance de comportements criminels. Les résultats ont révélé que les changements produits par les traumatismes crâniens étaient associés à une augmentation du nombre d’infractions auto – déclarées et d’infractions violentes en particulier.

Des infractions violentes après un traumatisme crânien

Des sujets âgés de 14 à 19 ans, de sexe masculin pour la plupart et d’ethnies diverses, ont été interrogés sur leur comportement criminel. Différents facteurs ont été observés tels que le contrôle des impulsions, l’intelligence, le dysfonctionnement préexistant du cortex préfrontal, le soutien de la famille et le statut socio-économique. L’étude a mis en évidence qu’un cinquième des ces personnes avaient subi une ou plusieurs blessures à la tête au cours de l’étude et près du tiers avaient subi une blessure à la tête avant le premier entretien.

Le chercheur,  Joseph A. Schwartz, qui a mené l’étude, en a déduit que les traumatismes crâniens sont de cinq à huit fois plus fréquents chez les personnes aux prises avec le système de justice pénale américain que dans la population en général. Il a également constaté que les jeunes qui commettaient des infractions plus graves et plus violentes à la suite d’un traumatisme crânien étaient plus nombreux.

Il indique que les traumatismes crâniens peuvent avoir un impact différent sur des formes spécifiques de persistance criminelle. Ces résultats fournissent la preuve que les déficits neuropsychologiques issus des lésions cérébrales acquises favorisent des périodes prolongées de comportement criminel.

Cependant les résultats doivent être interprétés avec prudence car il n’a pas été possible d’évaluer les déficits sous-jacents du lien entre le traumatisme crânien et la persistance du crime, d’autant plus que le traumatisme crânien avait été auto – déclaré et ne tenait pas compte de la gravité des blessures.

Les chercheurs envisagent de compléter leur recherche afin de comprendre quels traitements seraient efficaces contre les conséquences du traumatisme crânien et permettre de réduire la criminalité.

Source : tandfonline.com

Image:©Pixabay

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