Canada : détecter les traumatismes crâniens plusieurs années après grâce à l’intelligence artificielle

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Dans le cadre d’une étude réalisée par l’Université de Montréal, de l’Institut et de l’hôpital neurologiques de Montréal (The Neuro) et du Ludmer Centre for NeuroInformatics, publiée sur le site European Journal of Neuroscience le 16 mai 2017, les chercheurs ont pu constater qu’il est possible de détecter les athlètes victimes de commotions cérébrales plusieurs années après le traumatisme.

Jusqu’à présent le diagnostic ne pouvait être posé avec certitude qu’après le décès de la personne, en pratiquant une autopsie. Mais, les tests effectués sur un échantillon  d’anciens sportifs ayant  pratiqué des sports de contact tels que le hockey ou le football américain et âgés aujourd’hui de 51 et 75 ans, ont permis de poser un diagnostic « in vivo »(du vivant des personnes).

L’étude a consisté à comparer un groupe de 15 athlètes ayant  été victimes de commotions cérébrales à un groupe témoin de 15 athlètes n’en ayant pas souffert.

Un logiciel capable de combiner les résultats d’une batterie des tests (neuropsychologiques, génotypage, neuro-imagerie structurale, spectroscopie de résonance magnétique et imagerie pondérée par diffusion) et de comparer les résultats obtenus entre les 2 groupes a permis de mettre en évidence la découverte de connexions anormales entre plusieurs régions du cerveau, en lien avec  la substance blanche: ce qui pourrait être le marqueur de la dégénérescence et des mécanismes compensateurs du cerveau. Selon les tests, la précision maximale de la détection des commotions a été estimée à 90%.

Ce nouvel outil pourrait être utilisé dans le cadre des nombreuses procédures judiciaires qui ont cours outre-Atlantique, notamment contre la NFL, (Ligue Nationale de Football) poursuivie pour ne pas avoir suffisamment protégée ses joueurs. Le problème étant de prouver que symptômes neurologiques des joueurs sont directement causés par les commotions cérébrales.

L’auteur principal de l’article, le professeur Tremblay, estime qu’il faudra réitérer l’étude sur un plus grand nombre d’athlètes afin que l’outil de diagnostic puisse être considéré comme réellement fiable. Ce qui permettrait une meilleure prise en charge des personnes souffrant de traumatismes crâniens puisque les médecins connaîtraient l’origine exacte des symptômes de leurs patients. Il estime que :

« Le fait qu’il n’existe encore aucune méthode ni aucun outil permettant de les diagnostiquer de façon objective est inacceptable, sans compter l’absence de traitements dont l’efficacité a été démontrée scientifiquement. Grâce à nos travaux, nous espérons aider les nombreux athlètes qui éprouvent des problèmes neurologiques après avoir cessé de pratiquer un sport de contact.»

Louis de Beaumont, chercheur à l’Université de Montréal et auteur en chef de l’article ajoute: «Des études plus poussées, y compris des comparaisons rigoureuses avec des groupes composés de patients présentant des troubles neurologiques liés à l’âge, et la découverte de biomarqueurs des commotions cérébrales nous permettraient de perfectionner notre modèle assisté par ordinateur des effets à long terme des commotions cérébrales sur le cerveau vieillissant».

Si la capacité de l’intelligence artificielle à détecter « in vivo » une commotion cérébrale était validée, cela permettrait d’identifier dans  la substance blanche le marqueur de ces  commotions plusieurs années après les chocs .

Cette validation fournirait un outil préliminaire de détection impartiale qui aiderait les experts médicaux et les experts juridiques à identifier l’existence d’une  commotion cérébrale ou d’un traumatisme crânien  chez les patients présentant ou se plaignant d’un déclin cognitif anormal et tardif…

Source : European Journal of Neuroscience

Image: ©Pixabay

 

 

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