Covid-19 et l’AVC : un dépistage commun via le scanner ?

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Dépister la Covid grâce à l’imagerie médicale

Une étude publiée le 29 octobre 2020 dans la revue Stroke démontre l’intérêt d’utiliser un scanner pour dépister la maladie Covid-19 lors d’un examen pour suspicion d’accident vasculaire cérébral (AVC).

Les scientifiques américains de 3 hôpitaux du Bronx ont étudié cette possibilité entre le 1er mars et le 30 avril 2020 au plus fort du pic épidémique de la Covid-19 à New York (États-Unis).

Le diagnostic par scanner de l’AVC est un protocole traditionnel qui donne l’occasion d’évaluer si les poumons ont des lésions pulmonaires évocatrices de la Covid-19. Les chercheurs ont voulu optimiser cette utilisation secondaire pour identifier les patients Covid-19 plus rapidement que par un test d’écouvillon nasal. En effet, en cas de suspicion d’AVC, l’imagerie médicale doit être réalisée au plus tôt, or, ces scanners du cou et de la tête permettent également de visualiser les poumons.

Chez les patients victimes d’AVC, un diagnostic précoce permet une meilleure prise en charge : chaque seconde, chaque minute compte pour une meilleure récupération afin d’éviter de graves lésions cérébrales à l’origine de lourdes séquelles.

Il en va de même pour les personnes infectées à la Covid-19.

Dans cette étude réalisée sur 57 patients, les chercheurs ont pu évaluer les scanners pulmonaires réalisés sur les victimes d’AVC en combinaison avec les symptômes décrits par ces dernières afin de proposer un protocole de dépistage de la Covid-19. La description des symptômes n’était pas forcément évidente car certains patients étaient asymptomatiques tandis que d’autres avaient des difficultés à parler à cause de l’AVC.

Un dépistage rapide de la Covid-19 lors de la prise en charge d’un AVC ?

Résultats :

  • sur 57 patients, 30 étaient positifs à la Covid-19 et 27 négatifs, avec et sans symptômes
  • Chez les 57 patients ayant bénéficié d’un scanner dans les 24 heures suivants leur hospitalisation, la maladie a été détectée avec une précision de 83% avant la confirmation par tests PCR (dans le nez).

Les scientifiques en concluent que l’évaluation des lésions pulmonaires par scanner est un outil de dépistage précis de la Covid-19 et peut être combinée au protocole de détection de l’AVC ischémique aigu. Le scanner va ainsi aider les centres médicaux à protéger le personnel médical et d’autres patients grâce à un isolement et à la mise en place de soins précoces pour les personnes soupçonnées d’être victimes d’un AVC et qui sont positives à la Covid-19.

Ces examens d’imagerie médicale, qui doivent être automatiquement réalisés dans les protocoles de prise en charge en cas de suspicion d’AVC aigu, ont l’avantage de ne pas présenter de coût supplémentaire et de plus, ils sont rapides. Les chercheurs préconisent que cet outil de diagnostic soit ajouté au protocole de dépistage de la Covid-19 chez les patients victimes d’un AVC.

Les chercheurs ont déduit de cette étude l’importance d’utiliser les résultats du scanner pulmonaire à condition de ne pas utiliser ces derniers comme unique méthode de dépistage de la Covid-19 chez des patients présentant un AVC.

En effet cette étude présente encore des limites dans la mesure où les tests PCR ne sont pas fiables à 100 %. D’autre part, les patients qui n’ont pas subi de tests PCR ont été exclus de l’étude et l’expérience a été menée dans une zone particulièrement exposée à la Covid-19, avec un taux d’infection important.

Source : ahajournals.org

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