Un test salivaire pour diagnostiquer le traumatisme crânien?

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Changements observés dans la salive des enfants ayant subi des commotions cérébrales

Une étude publiée dans la revue JAMA pediatrics le 20 novembre 2017 et réalisée par la faculté de médecine de Penn State (États-Unis) révèle l’existence de biomarqueurs de commotions cérébrales dans la salive chez les enfants. Cette découverte permettra peut-être un diagnostic plus précis du traumatisme crânien et du risque de souffrir de ses séquelles prolongées.

Les commotions cérébrales sont des traumatismes crâniens dits « légers » qui se produisent lors de chocs directs ou indirects à la tête qui projettent le cerveau contre la boîte crânienne. Les séquelles peuvent être désastreuse et se prolonger chez certains patients qui souffrent de nausées, confusion, maux de tête, fatigue chronique, pertes de mémoire, problèmes de concentration etc… Selon l’auteur de l’étude le Dr. Steve Hicks, un tiers des patients peuvent souffrir de ces symptômes prolongés.

L’étude a été réalisée sur 52 jeunes patients âgés de 7 à 21 ans ayant subi une commotion cérébrale lors de la pratique d’un sport ou à cause d’un accident de voiture. L’équipe médicale leur a demandé de cracher dans une tasse afin de prélever leur salive. Les chercheurs ont identifiés 5 micro ARN dont 3 sont révélateurs des symptômes spécifiques du traumatisme crânien 1 mois après l’accident.

Comparativement à un diagnostic classique nécessitant le recoupement de plusieurs examens, le test salivaire  a confirmé que 30 enfants avaient des symptômes prolongés d’un traumatisme crânien léger contre 22 qui n’en avaient pas. Selon les chercheurs, ce test est précis à 85%  au lieu de 65% pour les méthodes traditionnelles.

Cependant, il est encore trop tôt pour crier victoire car une étude à plus grande échelle – faite sur des adultes athlètes et militaires – sera nécessaire pour déterminer la fiabilité de ces résultats. D’autant plus, que la prise de médicaments anti-inflammatoires non stéroïdiens par les victimes ayant subi des séquelles à long terme a introduit une variable « confondante » rendant discutable  l’interprétation de ces résultats: certains médecins doutant  de la fiabilité du test tel que le DR Jeffrey Kutchger, neurologue, selon lequel les biomarqueurs indiqueraient une force chez les neurones et non une commotion cérébrale.

Néanmoins il s’agit d’une véritable avancée, les commotions restent très difficiles à identifier ainsi que le risque de séquelles à long terme.

D’autres pôles de recherche se penchent sur le sujet, notamment en Angleterre où la Fédération Anglaise de Rugby a donné son aval aux chercheurs de l’Université de Birmingham en Angleterre, pour récolter tous les échantillons de salive et d’urine des joueurs dont ils auront besoin après les matchs. Cette équipe travaille depuis 9 ans sur le projet. Élaborer un test efficace, non invasif et bon marché serait une petite révolution d’outil diagnostic du Traumatisme crânien.

La société de Biotechnologie qui a financé cette étude souhaite commercialiser le test d’ici un an ou deux.

 

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Sources : traumaticbraininjury.net

JAMA Pediatrics

Image: ©Pixabay

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